Curriculum Vitae
 
Articles de Presse / Editions à tirage limité ( en bas de page )
 

Contact :

94 rue de la Poterie-77720 La Chapelle-Gauthier
tél-fax: 01 60 67 52 70
bernadettefevrier@gmail.com

 

 
Née à Rennes le 07/02/1946
Etudes de littérature ancienne et moderne, d’histoire de l’art.

 
L’inclination du regard
Henri-Pierre JEUDY

Ce ne sont plus les squelettes des Capucins que je suis en train de regarder. J’en ai pourtant gardé le souvenir. Ils me hantent encore les nuits d’été quand la peau transpire tellement qu’elle semble coller aux os. Il faut que je me rende à l’évidence : Bernadette Février les a bien appelés « Cappucini », ils ont l’air d’être revenus comme des fantômes et nul ne saura jamais si, sous leur aube, ils ont encore des omoplates, des tibias ou des métatarses. Ils ont même l’air joyeux. Peut-être dansent-ils… Ils reviennent de loin, ils sont tout aussi ahuris que moi-même en train de les regarder. A vrai dire, ils ne le sont pas de la même façon. Ils ont triomphé de la mort, ils n’en reviennent pas, ils sont sortis des catacombes et maintenant ils nous jouent une ritournelle. Impossible de regarder chaque jour un tableau de Bernadette Février sans que l’ébauche d’une histoire n’advienne de cet étrange interstice entre le figuratif et le non figuratif. Dans mon salon à Paris, il y en a un. Pour le moment, il est seul. Il semble s’être isolé des autres, non en ce sens où il ferait partie d’une œuvre dont il aurait été extirpé, il est là, comme la parcelle d’une histoire qui poursuit son récit chaque fois que je me tourne vers lui. Et si je me trouve ailleurs, j’ai l’impression qu’il continue à parler. Vient-il d’une série intitulée « Puppet show » ? Comme dans tant d’autres tableaux, son corps fait masse et, en même temps, il semble très léger, en mouvement, toujours en mouvement , souvent oblique, suspendu d’une manière verticale, à peine inclinée. Devrais-je le regarder en penchant ma tête par côté ? Au contraire, en gardant la tête droite, le mouvement n’est plus l’effet de ma perception, il épouse ce rythme d’une histoire sans fin qui crée l’allégorie de l’univers dont il fait partie.

Quiconque pourrait alors penser que le silence pictural serait banni à tout jamais. Rien de plus agaçant que des tableaux qui ne dorment jamais ! Ils vous hantent ! Mais les tableaux de Bernadette Février donnent au regard l’expression d’une mystérieuse tendresse, celle dont la puissance tient à l’union incongrue entre le voyage au pays des morts (Les Cappucini) et la pérégrination historique (Marco Polo). Si éloignée du fétichisme contemporain pour l’horreur – conséquence inéluctable de l’apologie d’une libération du signifiant – cette constellation de l’imaginaire, telle la répétition fragmentée d’une narration cosmique, offre la vision d’une collision naturelle du tragique et de l’allègre.

Les corps peuvent bien paraître morcelés, de leur mouvement même adviennent les liens qui mettent en œuvre leur potentielle unité. La singularité de cette absence de distinction entre le figuratif et le non figuratif est de révéler « ce qui est en puissance », de mettre le regard en position de voir l’étrange immobilité de l’ébranlement du corps. Et les couleurs que choisit Bernadette Février, qu’elles soient vives ou ternies, accentuent, comme si elles jouaient le rôle d’un fond au moment où advient la forme, la vision de « ce qui est en puissance », ou, pour reprendre une idée chère à Spinoza, de « ce que peut le corps ». Lorsque je vis pour la première fois La Chinoise, ce fut le coup de foudre. Son visage, à peine perceptible, m’avait fasciné par l’immensité de sa puissance à dire : « il en est ainsi ». La tête légèrement inclinée, les cheveux très noirs, et cette esquisse d’une expression qui fait que le regard sur le monde devient en même temps un regard du monde. La Chinoise venait de me faire découvrir la féminité de la sagesse zen.

Ce qui est étonnant, c’est la manière atemporelle par laquelle une pratique picturale figure l’enchaînement de ses visions. Regardant les peintures de Bernadette Février, et avant même de reconnaître les signes habituels de la poursuite d’une œuvre, je perçois un monde, j’entre dans un monde. Et ce monde qui capte mon imagination ne trahit aucune chronologie, aucune figure du temps qui me laisserait croire en une succession d’époques. Comme entraîné par un effet perpétuel de la simultanéité temporelle, comparable à celui du rêve, le regard oublie toute origine factuelle de sa position dans le temps. Le monde imaginaire advient de lui-même sans imposer l’effort d’une séparation. Il est là, tel qu’il est, tel le réel qui surgit sans prévenir. Les couleurs jouent un rôle musical, elles accompagnent, par le rythme de leur alternance, la destinée des fragments ou des séries allégoriques. La destinée aussi d’une pensée interrogative dont l’expression picturale calme les angoisses de la mort et de la disparition dans un temps sans fin.

Les peintures de Bernadette Février me donnent le sourire. Un sourire que je ne décide pas, un sourire qui vient de sa peinture. Un sourire du monde, et celui-ci n’a rien de moqueur, il tire son possible dessein de l’angoisse elle-même. N’ayant point de commune mesure avec la fausse sérénité de l’ironie, il s’impose telle la manifestation d’une irréductible douceur.

 

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

1976: Galerie Stevenson Palluel - PARIS
1976-77: Maison de la Culture de RENNES
1977-78: “Féminie77”- Palais de l’UNESCO - PARIS
1978: “Galerie 30” - PARIS
1980: Exposition Muro Torto- VILLA MEDICIS- ROME
1982: Espace Graslin NANTES (autresparticipants:
Novarina,Viallat,Pérez,Chevallier/ Pleynet,Sollers,Roche,Verheggen,Prigent etc)
1982: Exposition à l’Université du Mirail - TOULOUSE
1983: Galerie “Le soufflet vert ” - PARIS
1984: Galerie Bernard Jordan - PARIS
1984: Galerie Le Chanjour- NICE
1984: Exposition organisée à NAMUR et BRUXELLES par le Théatre-Poême de
Bruxelles
1989: Galerie 15 - Exposition “Le franc symbolique”- LILLE
1989: Exposition-anniversaire de la revue TXT et des éditions Muro Torto au
Centre National d'Art Comtemporain de BRUXELLES
1989: Exposition dans le cadre du Festival de MONTMARTRE
1989: “Cinq ans d’art contemporain” MJC - Le MEE 77350 (Autres plasticiens:Koichi Kosuru et Guyomard)
1989: Exposition “Réparation de poésie ”- QUEBEC(Canada)
1990: au Salon de MONTROUGE
1994 : Exposition à La CHAPELLE GAUTHIER
1995 : Exposition à La CHAPELLE GAUTHIER
1998 : Exposition au Salon de BARBIZON
1999: Exposition à BARCELONE avec le sculpteur G.Descossy
2002 : Exposition "L'Art Pour 20 Balles". 71110 LIGNY en BRIONNAIS chez
P.Ferrari
2003 : Exposition « Les grands bains douches de la plaine »organisé par P.Ferrari et Esox Lucius– MARSEILLE
2004: participe ,au Centre d'Art et de Littérature de l'Hôtel Beury (08150 L'ECHELLE) à une exposition organisée par Christian Prigent.
2004: exposition à l'Ecole d'Art de BESANCON et participation au catalogue"Ils affinent notre optique".

 


 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

1984: Exposition à la MJC du MEE 77350
1986: Exposition à la MJC du MEE 77350
1987: Exposition au Salon 68 bd de Rochechouart PARIS18°
1990: Exposition au Salon 68 bd de Rochechouart PARIS18°
2001 : Exposition au Casino Venier à VENISE: "Le Voyage de Marco Polo:
12Visions hallucinées"
2002 : Exposition à Instituto Romeno di cultura e ricerca umanistica -Palazzo
Correr-VENISE:"Hommage à Venise" (conférence de Maria Buleï , de
l'Université de Padoue: le Voyage comme motif dans la littérature italienne

 


 

INTERVENTIONS DANS DES EDITIONS A TIRAGES LIMITES

1975: Peintures pour “ DES PEINTRES” - Coll. ECBOLADE
1978: Peintures pour “ LA /LES COULEURS “ - Coll. ECBOLADE
1979: Collages pour “L’ABC libéré des entraves” - de V. Khlebnikov éd. MURO
TORTO
1982: Encres de Chine pour “UN COUP DE DEFAIRE D’EGO” –d’E. Clemens éd.
CARTE BLANCHE 1984: Pastels pour “A TRAVERS LES OEILLETS” de F.
Mayroecker éd. MURO TORTO
1984: Peintures dans la revue TXT n°15
2007: Peinture pour un ouvrage à tirage limité de J.P Verheggen "Poéme presque poème" 2007: illustration pour " Corbière le crevant" E. Tugny (Leo Scheer)

 


 

COMMANDES

1982: Peinture murale de 4m/2m50 , rue de la Gaité PARIS 14°, dans le cadre du
Mécenat Industriel ( Régie RENAULT) pour “ART PROSPECT”
1983: Peintures pour le “EL TRETZE VENTS” - éd. du MUSEE de CERET
(Coffret collectif à tirage limité) Autres participants : Degottex, Hajdu, Tapies,
Badin,O.Debré, Viallat, A.Saura, Boutibonnes/ B.Noël, C. Minière,
M.Pleynet, J. Risset, D. Roche etc…
1986: Illustration d’un livret d’opéra” BROUHAHA,ETERNEL BROUHAHA”
de Ch. Prigent (commande de l’Université de VILLETANEUSE)
1987: Décor pour le “Journal d’un Fou” de Gogol-Théatre Pourpre-Maison des
Associations LJ Lantien- Le MEE77350
2002 : 12 dessins noir et blanc, extrait d'un ensemble intitulé "Le Sommeil du
Doge ou la Mémoire de l'eau. Préface d'Emmanuel Tugny,coll.Rapport d'étape.
VENISE

 

 

AUTRES ACTIVITES CULTURELLES

1979 : réalise des interview au Festival de cinéma de Sorrente(Italie).
1979 : récitante dans l'opéra de Stravinski"Perséphone",à la demande de Hans Werner Henze (Festival de Spolète ,Italie).
1984 : diverses collaborations :la Revue Parlée de Blaise Gautier,lecture d'extraits de "Phanées les nuées"d'Hubert Lucot et interventions dans la revue d'Alain Frontier et Marie-Hélène Dhénin,Tartalacrème.
2005 : traductions latines de textes composés par la musicien Olivier Mellano,pour son album"La chair des anges"(Naïve , septembre 2006).
2006 : intervention au Centre d'Art du chateau de Joinville,sur le thème de l'empoisonnement.
2006 : contribution à la revue Bleeker Street.

 


 

VENTES

1983 : FRAC Basse Normandie
1991-1992: Participation ,à l’Hôtel DROUOT-RICHELIEU , à des ventes d’art
contemporain, PARIS

 


 

PRESSE

1976-1977: Nouveau groupe Constat Rennes (Ouest France 17/12/1976)
1978 : Du côté des artistes femmes ( le Monde)
1984 : Bernadette Février, un personnage et des œuvres originales (la République
de Seine et Marne 6/10/1984 )
1984 : Bernadette Février expose (le Parisien 12/10/1984)
1986 : Les masques de Bernadette Février (la République de Seine et Marne
13/10/1986)
1989 : "Cinq ans d'art contemporain "13/02/89 (La République de Seine et Marne)
1990 : Bernadette Février (Kanal Magazine n°6)
1991 : Mort et Vif (Revue: Le Courrier de l'UNESCO décembre 1991)

 

 
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